Trespass Journal

Programme de la semaine intergalactique

Programme de la semaine intergalactique

Ce programme est soumis à des changements et compléments d’ici fin août. N’oubliez pas de vous inscrire à l’avance en écrivant à : intergalaczad [at] riseup [dot] net

# toute la semaine : expo photo « territoires en bataille »
Lire la suite ›

Tagués avec : , , ,

[GR] Expulsion et démolition d’un gymnase occupé à Exarchia

Mardi dernier (le 17 juillet 2018), dans la matinée, un bulldozer a démoli un squat dans la quartier d’Exarchia, à Athènes (avec l’accord du propriétaire, bien entendu). Ce squat était le seul gymnase occupé de la ville. Personne n’a été arrêté. Les employés de chantier ont détruit le bâtiment pendant que la police anti-émeute était en alerte et bouclait le voisinage.

Le squat était occupé depuis décembre 2017, le gymnase était auparavant à l’abandon depuis une dizaine d’années… Les squatteur-euse-s y organisaient des cours d’arts martiaux (boxe, Muay Thai, taekwondo) mais aussi des ateliers de danse latine et de yoga. Le squat a aussi servi d’espace pour des débats politiques, notamment contre le système carcéral.

 

via squat.net : https://fr.squat.net/2018/07/23/athenes-grece-expulsion-et-demolition-d-un-gymnase-occupe/

 

 

Tagués avec : , ,

Qu’adviendra-t-il de nous

Giulia Tarquini

Et si j’adoptai la perspective de la femme d’un homme tué par la police? Une identité fictive pour décrire de l’intérieur, quoi qu’avec un regard externe, le camp d’Idomeni.

Qu’adviendra-t-il de nous?

Je suis seule. Mon mari est mort dans ces limbes infernales. Je ne peux pas y croire, après tout ce qu’on a vécu! Survivre aux bombes de la guerre, à cette mer en tempête puis trouver la mort ici! Renversé par une camionette. Absurde. Tellement absurde que je ressens le besoin de raconter notre destin, ce que j’ai vécu, ce que je vis.

Mon nom n’a pas d’importance. Je suis une histoire parmi tant d’autres qui se vivent a Idomeni. Mes journées s’enfuient entre le vent et la boue, odeurs de plastique brulé et cigarettes, rythmées par les interminables files d’attentes pour un repas, un vêtement, une tente, une visite médicale. Environ dix milles personnes partagent cette histoire avec moi, quarante pour cent sont des enfants, nous sommes pour la plupart syriens, mais il y a aussi des afghans, des irakiens, des pakistanais, et une poignées de marocains. Tous, nous avons vendu tout ce que nous possedions pour poursuivre le “rêve européen”, nous avons quittés nos proches, la guerre et les bombes pour nous retrouver ici. Bloqués depuis deux mois et demi, dans ces limbes infernales où la vie et la mort s’entremêlent constament.

Mon mari devait-il mourrait ici-même?! Je me le demande chaque jour, chaque nuit que je passe seule, dans cette tente froide qui semble prête a s’envoler à chaque bourrasque, inondée a la moindre pluie, étouffante au soleil.

La vie n’est plus une vie pour nous qui ne sommes plus que des pions, des numéros, une masse informe. Nous sommes des personnes! Chacune avec son histoire propre, originale dans son aspect tragique.

On m’a tout volé ici: mon mari, l’amour, la vie et mon argent, mon télephone, unique moyen de contact avec le monde extérieur du camp de Idomeni. Et je n’ai même pas de papiers. On me les a volés en Turquie, je ne veux pas y retourner, je veux aller en Allemagne, je veux poursuivre le rêve d’un avenir pour mes enfants!

C’est pour ça que je reste ici, le long de la frontière, attendant qu’on l’ouvre à nouveau; c’est pour mes enfants que je pense a me mettre en marche, de nuit, dans la forêt, à tenter de passer illegalement. Mais mes enfants sont petits, et je ne me sens pas d’entreprendre un périple aussi dangereux; je tremble en pensant à la police macédonienne, violente et menaçante, qui expulse ceux qui avaient réussi à passer, qu’ils n’aient marché que quelques heures ou bien plusieurs jours.

Qu’est-ce que je fais ici?! J’ai peur d’aller dans les camps militarisés qui sont en train d’ouvrir! Là bas je disparaitrais, engloutie sans que personne ne sache que j’existe, sans non plus l’echo médiatique. Ce serait comme cesser d’exister.

Je ne veux pas finir dans l’oubli comme ces familles ont disparu avec ce soi-disant docteur! Mes enfants n’iront pas grossir le marché noir des organes!

Je ne bouge pas d’ici! Mon mari ne le voudrait pas non plus!

Je pense à traverser illégalement en Albanie. Ils m’ont dit qu’il y a des gens que je peux payer (mais avec le peu qui me reste, comment pourrais-je les payer?!) pour traverser les montagnes et suivre des routes illégales vers l’est.. Ils ne peuvent pas me renvoyer en Syrie après les bombes! Tout est si nébuleux que je reste ici indécise. J’ai peur pour moi et mes enfants. Qu’adviendra-t-il de nous ?

J’ai besoin d’informations, je suis coupée du monde; je n’ai jamais vu personne du gouvernement grec; seulement la police. Ce sont eux qui on renversé mon mari, qui l’ont tué. Où est il maintenant, le policier qui conduisait en marche arrière dans l’allée principale du camp toujours pleine de monde? Où est l’état Grec? Où est l’Europe? Elle semble seulement capable de nous déporter dans des petits centres éparpillés, dans la montage, où iront disparaitre nos traces, où ces journalistes ne pourront pas entrer, où personne ne pourra plus entendre ma voix.

Tant de fois déjà j’ai tenté de suivre la procédure, de demander l’asile. J’ai fait “l’appel skype” mais personne ne répond jamais! En théorie nous ne pouvons le faire que depuis le camp, mais aucune autorité ou organisation formelle ne s’est occupé d’installer une connéxion wi-fi. C’est un groupe de militants indépendants qui a crée un emplacement internet et un point d’information a l’interieur du camp. Sans eux je n’aurais même pas pu essayer d’appeler. Nous avons une heure par semaine pour chaque nationalité pour prendre le rendez-vous et, ainsi, commencer les procédures pour faire la demande d’asile. Pour ceux qui réussissent, on leur accorde en général après un mois, un mois et demi…

Dans l’intervalle nous continuons à attendre ici, dans ces limbes infernales, privés d’autonomie, dépendants pour chaque chose.

Nous sommes des (non) personnes enfermées dans un (non) lieu de contrôle et d’isolement.

L’hivers est passé et l’été arrivera à Idomeni, avec la chaleur insupportable; les serpents sont déjà là et d’ici peu suivront les maladies et la soif.

Qu’adviendra-t-il de nous?

J’ai peur.

Tagués avec : , , , ,

Aux soutiens de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes: Nous sommes la lutte contre le monde de l’aéroport !

Ce petit texte propose une analyse de la résistance aux expulsions d’avril-mai 2018 à partir du rôle joué par les soutiens du mouvement d’occupation contre l’aéroport et son monde.

Je me suis engagée dans la lutte contre l’aéroport et son monde au moment des expulsions de l’hiver 2012. Je n’ai pas arrêté, depuis l’abandon du projet en janvier 2018, de faire l’aller-retour entre Paris et la ZAD pour soutenir mes camarades, mes ami-e-s, pour fêter la victoire, une victoire, et défendre l’autonomie d’une expérience qui a marqué l’histoire des luttes contemporaines. Souvent les copains et les copines me demandent : « Mais alors qu’est-ce que tu penses de tout ça ? » Bien sûr, ils me parlent des nombreuses tribunes publiées ces derniers mois pour dénoncer les comportements des un-e-s et des autres, la reproduction de rapports de pouvoir, affirmer des positions divergentes quant aux enjeux actuels de la lutte, etc. Je ne reviendrai pourtant pas ici sur les conflits qui se sont concentrés autour de l’ouverture de la RD281 et des fameuses « fi-fiches ». Je ne nie pas l’importance de ces débats mais je veux déplacer la réflexion vers un autre enjeu, celui de notre engagement, en tant que soutiens, sur la zone. Ce texte ne s’adresse donc pas aux occupant-e-s mais à tou-te-s celles et ceux qui ont un jour cru à cette lutte et qui l’ont porté, d’une manière ou d’une autre, jusqu’à l’abandon du projet d’aéroport.

Autant aller droit au but : les occupant-e-s de la ZAD de NDDL ne représentent pas l’avant-garde du mouvement révolutionnaire à laquelle il s’agirait d’attribuer tous les mérites ou tous les torts ! D’ailleurs, et dans la mesure où ielles visent l’autonomie, ielles ne représentent rien ni personne. C’est pourtant cette idée, au cœur de tant de discours et de jugements sur ce qui se passe actuellement, qui a selon moi participé à notre défaite lors de la bataille d’avril-mai 2018. Combien de camarades, pourtant engagé-e-s depuis des années aux côtés du mouvement d’occupation et des autres composantes de la lutte, j’ai entendu se justifier par un : « Non mais moi la ZAD… avec ce qui se passe entre les gens… » ou encore, pour celleux qui se positionnent plus précisément contre la signature des conventions d’occupation précaire : « Non mais moi je me bas pas pour la normalisation ! » ? Le problème que ces discours me posent, même si je comprends les critiques qu’ils soulèvent et que je les respecte, c’est qu’ils laissent aux occupant-e-s l’entière responsabilité de ce qu’a été, de ce qu’est et de ce que sera la ZAD de NDDL.

Pourtant, tout l’intérêt de cette expérience était d’ouvrir un espace dans lequel chacun-e pouvait concrétiser ses désirs, se donner la liberté d’imaginer autre chose, d’espérer d’autres choses. Et c’est dans ce territoire arraché à l’Ordre, qui a pris vie dans la convergence de nos combats et de nos fuites, qu’un ensemble de lieux solidaires a émergé. Solidaires dans le conflit qui nous oppose à l’État et au Capitalisme mais solidaires aussi et surtout dans l’anti-autoritarisme, c’est-à-dire dans la possibilité de ne pas être d’accord les un-e-s avec les autres et d’entrer en conflit les un-e-s avec les autres, et parfois (souvent même), de se retrouver autour d’une envie, d’une idée, d’un repas, d’une soirée sans pour autant céder à un nouveau conformisme… Bien sûr, « ce n’est pas parce que c’était un squat » qu’on pouvait tout se permettre et oublier que des gens vivaient ici, que des choses avaient été construites, que différentes formes de vie s’y étaient installées. Mais toujours le va-et-vient permanent des soutiens, des nouvelles et des ancien-ne-s occupant-e-s, empêchait que ces routines ne se sclérosent, que la zone ne se referme sur elle-même, que les conflits de positions ne se muent en postures et en déchirements. Sans cette rencontre, la ZAD de NDDL n’aurait jamais été ce que nous regrettons tou-te-s aujourd’hui, ce que nous n’avons pas su préserver, nous occupant-e-s ET soutiens, ce que nous pouvons aussi, maintenant, réinventer.

Je ne veux culpabiliser personne (aucune lutte intéressante ne s’est jamais bâtie sur ce genre de sentiments) et pourtant, il faut bien faire ce constat douloureux : nous n’étions pas assez nombreuses pour résister aux expulsions, pour imposer un véritable rapport de force. Celleux qui sont resté-e-s, celleux qui sont venu-e-s et ont combattu sous toutes les formes qui nous sont nécessaires (en manifestation, sur les barricades ou à l’arrière, en assurant le ravitaillement, les soins et la communication, etc.) ont fait preuve d’une détermination et d’un sérieux qui forcent le respect. Mais nous n’étions pas 50 000…

Je ne crois pas qu’on aurait pu empêcher toute forme d’institutionnalisation, d’une part, parce qu’il ne suffit pas de le vouloir pour tenir un territoire, d’autre part, parce que certaines activités, certains modes de vie, et pour tou-te-s simplement la routine (la normalisation n’est pas toujours là où on la cherche), nous y préparaient déjà. L’enjeu était donc surtout, à mon avis, de soutenir un rapport de force qui aurait pu nous permettre d’imposer un certain nombre d’exigences : la gestion collective des terres, la protection des habitats mobiles et légers, l’amnistie de nos camarades amendé-e-s, interdit-e-s de territoire, incarcéré-e-s, etc. Mais on ne négocie pas en position de faiblesse et nous n’étions pas 50 000…

Je ne crois pas que l’abandon de l’aéroport suffise à expliquer cette démobilisation. Après tout, celleux qui luttaient contre ce Grand Projet Inutile et Imposé se battaient aussi dans l’espoir de créer d’autres mondes. Au-delà de la réaction, de la volonté de défendre le bocage contre la prédation capitaliste, c’est le désir de quelque chose de mieux, de plus juste, de plus beau qui donnait sens à leur combat. Il serait sûrement très compliqué de traquer l’ensemble des facteurs qui ont contribué à la démobilisation des soutiens du mouvement d’occupation. Des embrouilles au sein des comités locaux et des orgas qui formaient les autres composantes de la lutte, à l’envie, pour beaucoup, de se concentrer sur le mouvement qui s’est développé autour des cheminots et des facs, une chose est sûre, les conflits qui ont opposés les occupant-e-s ne permettent pas non plus de comprendre pourquoi une lutte qui avait suscité tant d’espoirs et cristallisé tellement d’envies n’a pas pu, en 2018, mobiliser les 50 000 personnes qui avaient permis la réoccupation de la zone le 17 novembre 2012 et sa défense jusqu’au départ des forces de l’Ordre en avril 2013.

La démesure du dispositif policier et militaire déployé ne justifie rien parce qu’il est le résultat et non la cause de cette démobilisation ! Dans la situation politique actuelle (et malgré tout ce qui existe déjà et tout ce qui est en train de changer), 2500 gendarmes, même avec des blindés, ça ne fait pas grand-chose contre un bocage remplit par plusieurs dizaines de milliers de personnes déterminées. Le déchaînement de violence que le gouvernement nous a opposé n’avait de sens que face à une résistance démographiquement faible. Stratégie du choc, comme un camarade l’a alors évoqué, Blietzkrieg, guerre éclair, qui n’est efficace que parce qu’elle est rapide, ce qui voulait dire, dans cette situation spécifique, qui ne fonctionne que si peu de gens se mobilisent sur une courte durée. Et nous, comme eux, savions déjà, depuis l’abandon du projet d’aéroport et l’annonce des expulsions qui a suivit, que nous ne pouvions compter que sur un petit nombre de soutiens. Les dix jours d’ateliers et de débats organisés au moment où la zone devenait expulsable (ce que les occupant-e-s avaient appelé « Avril Fertile ») n’ont mobilisé qu’une trentaine de personnes. Alors, déjà nous savions. Nous savions que quelqu’un-e-s viendraient tenir les barricades mais nous savions aussi que nous n’aurions pas le compte.

Je pourrai revenir sur tout ce qui a déjà été dénoncé : sur les discours et les comportements qui, de toutes parts, ont alimenté les divisions, mais ce n’est pas cela qui, selon moi, nous a coûté la bataille d’avril-mai 2018. Ce qui nous a manqué c’est une prise. Le sentiment de nécessité qui naît de la possibilité de s’approprier une lutte, un lieu, celui qui te fout la rage quand tu le sais menacé, qui te tord les viscères jusqu’à ce que tu lui cèdes. Ce besoin irrépressible d’être là qui a conduit tant de gens à venir sur la zone et à y rester, quitte à tout quitter. C’est cette attraction formidable que le mouvement d’occupation et ses soutiens avaient suscités qui nous a alors manqué. Nous ne pourrons probablement pas la faire renaître, les pertes sont trop grandes, mais nous pouvons en créer une autre. Car une bataille, aussi importante soit-elle, ne résume jamais la guerre. Et c’est bien cet espoir qui doit aujourd’hui s’imposer : nous devons nous remobiliser, non pas pour conserver ce qui a déjà disparu, mais pour créer quelque chose d’autre et maintenir la zone dans l’archipel sur lequel l’autonomie construit ses bases matérielles !

Ce qu’il nous faut donc aujourd’hui c’est une prise. Il faut que les occupant-e-s nous donnent cette prise, qu’ielles nous laissent la possibilité de nous investir, de proposer de nouvelles idées et de créer de nouvelles choses, qu’ielles l’intègrent dans la construction même de cette autre ZAD à venir. Mais cette prise, c’est surtout à nous qui soutenons le mouvement d’occupation de la prendre en participant à des activités qui existent déjà et en en proposant de nouvelles, en accentuant les liens entre la zone et nos autres luttes notamment autour de l’Ambazada et du réseau de ravitaillement La Cagette des Terres, en organisant des ateliers, des débats, des concerts, etc., sur la zone et en dehors, bientôt, en réoccupant, d’une manière ou d’une autre (je ne crois pas qu’on ait encore réfléchit à toutes les possibilités légales et illégales, matérielles et symboliques qu’on pourrait imaginer), etc. Parce que la victoire contre l’aéroport est NOTRE victoire, parce que la défaite de la zone d’autonomie définitive est NOTRE défaite, parce que NOUS sommes la lutte contre le monde de l’aéroport, à nous de prendre en main l’avenir de la ZAD de NDDL !!!

Rendez-vous sur la zone du 7 au 15 juillet pour la semaine d’ateliers, de construction et de débats ZADenvies et du 27 août au 2 septembre pour la semaine Intergalactique de convergence internationale des luttes pour les communs (https://zad.nadir.org/spip.php?article5975)!

Tagués avec : , , , ,

Communiqué contre l’expulsion de XXL

Des personnes du collectif Soutien Asile 21 réagissent à l’expulsion du squat XXL, où vivaient une centaine d’exilé·es.

Ce matin, à 6h, les forces de l’ordre (compagnies de CRS, policiers nationaux de Dijon et agents de la Police Aux Frontières de Chenôve) ont expulsé le squat « XXL », situé rue des Ateliers à Dijon.

Ce bâtiment avait été occupé par une centaine de demandeurs d’asile en août 2016, à la suite de l’expulsion du squat « Pôle Emploi » situé boulevard de Chicago.

Cette expulsion est d’autant plus scandaleuse que des négociations entre des soutiens associatifs et les propriétaires sont en cours depuis mai 2018 en vue du rachat du bâtiment. Ces négociations était connues par les services de l’Etat.

En effet, des propositions de dialogue par le Collectif SoutienAsile21 ont été faites auprès de ces services lors d’une audience le 30 mai à la Prefecture et réitérées par mail (nous tenons cet échange de mail à disposition).

Aujourd’hui, 24 personnes ont été arrêtées et emmenées au Comissariat Central de Dijon puis 15 dans les locaux de la Police Aux Frontières à Chenôve. Non contente d’expulser leur lieu de vie, la Prefecture a aussi décidé de traquer les personnes expulsées : une politique d’acharnement que nous dénonçons fermement.

Une nouvelle fois, l’État et le gouvernement, en procédant à l’expulsion de ce lieu de vie, contraignent les demandeurs d’asile à la plus grande précarité (confiscation temporaire de leurs affaires, tri et sélection pour les offres de relogement, atomisation des formes d’auto-organisation du quotidien, risque de se retrouver sans-abri, mise en danger de personnes mineures…).

Cette occupation s’inscrivait dans un mouvement dijonnais de soutien aux migrants, qui œuvre, depuis l’ouverture du premier lieu occupé en novembre 2011, à offrir des habitats temporaires dans des bâtiments laissés vides et à l’abandon.

Ces gestes de solidarité à l’adresse des migrants répondent à l’insuffisance des dispositifs d’hébergements institutionnels et à l’urgence de situations souvent dramatiques, vécues par les personnes en exil qui traversent nos territoires.

Les ouvertures de lieux d’habitations provisoires prennent place dans un réseau départemental de soutien plus large, regroupant des nombreuses associations qui aident les demandeurs d’asile depuis leur arrivée en Côte-d’Or, notamment regroupées au travers du collectif  » SoutienAsile21″.

Face au durcissement de la politique nationale migratoire qui se traduit en Côte-d’Or par des refus quasi systématiques de régularisation, face à la stigmatisation régulière et croissante des migrants, nous réaffirmons notre entière solidarité avec tous les migrants et notre volonté gardée intacte de soutien et d’accueil.

Les personnes expulsées ce matin sont hébergées temporairement à l’Espace Autogéré des Tanneries et au Quartier Libre des Lentillères. D’autres bâtiments vides seront réquisitionnés pour y installer ces
personnes avec lesquelles nous avons noué des liens et qui habitent nos territoires.


Des soutiens et personnes solidaires et associations
formant partie du collectif SoutienAsile21 :

  • > Paul Garrigues pour la Ligue des Droits de l’Homme 21
  • > Anouk Coqblin pour SOS Refoulement
  • > L’Espace Autogéré des Tanneries
  • > Précaires Solidaires 21
  • > Quartier Libre des Lentillères
  • > Solidaires Étudiants 21

À lire aussi : 7000 logements vides à Dijon, près de 150 000 en Bourgogne Franche-Comté !

BURE : appel à rassemblement partout le 27 juin 2018

Nous ne laisserons pas Bure devenir la nouvelle affaire Tarnac !

Appel à rassemblement partout en France mercredi 27 juin à partir de 19h !

Alors qu’une nouvelle vague de répression sans précédent touche le mouvement de lutte contre le projet Cigéo et que nous voyons se construire de toute pièce sous nos yeux une nouvelle affaire Tarnac, nous faisons appel à vous pour :
– relayer l’appel à rassemblement partout en France mercredi 27 juin à partir de 19h – plus d’informations prochainement
– signer le communiqué commun que nos associations ont diffusé ce jour

Merci de nous faire connaître d’ici le lundi 25 juin à 14h les démarches de soutien que vous comptez mettre en place et de nous communiquer votre accord pour signer le communiqué commun à l’adresse suivante : soutiensbure [at] riseup [dot] net [merci de préciser le nom de l’orga, collectif, comités etc dans l’objet du mail pour un traitement plus rapide)

Le point en bref sur la situation
Lire la suite ›

Tagués avec : ,

Une prothèse pour Maxime

Bonjour à tous,

Cette cagnotte est organisée par les amis, étudiants et professeurs proches de Maxime, amputé de la main droite. Elle a pour but de financer l’important budget d’une prothèse et les aménagements de la vie quotidienne. Cette collecte est nécessaire pour qu’il puisse reprendre ses études, retrouver rapidement son autonomie et les perspectives d’une vie normale.
Le niveau de technicité de l’appareillage que Maxime pourra acquérir, de type prothèse biomimétique, sera proportionnel à la somme récoltée à travers cette cagnotte. Une prothèse coûte extrêmement cher, c’est pourquoi nous tentons de réunir un maximum d’argent.

Merci de votre soutien à tous !

Cette cagnotte est totalement apolitique, notre seul objectif est de soutenir Maxime.

https://www.lepotcommun.fr/pot/00pp9x7g

Tagués avec : , , ,

Semaine intergalactique sur la ZAD du 27 août au 2 septembre 2018

Après la victoire tant attendue contre le projet aéroport, nous tentons de sortir enfin d’un printemps brutal. Celui-ci a été marqué par deux phases d’expulsions au cours desquelles le gouvernement s’est consacré à se venger de l’affront qu’avait représenté la ZAD pendant tant d’années. Ces opérations policières massives ont causé beaucoup de blessé·e·s et entraîné la destruction d’une partie des lieux de vie de la ZAD ainsi qu’une longue présence militaire. Mais l’État a dû renoncer à aller plus loin et à éradiquer notre présence dans ce bocage.
Lire la suite ›

Tagués avec : , ,

Des squats vont bientôt être ouverts

#Besetzen (#squater)

Nous vous informons par la présente qu’en tant que Berlinois.es autonomes nous refusons d’accepter plus longtemps l’aberration des logements vides dans une ville où règnent le manque de logement, la pauvreté et les expulsions; et que nous allons nous accaparer des immeubles. Nous incitons tout le monde à donner réalité à ses rêves inavoués de logement sans profit. Nous vous incitons à vous solidariser avec les personnes actives et vos voisin.es, ainsi qu’à refuser la logique des loyers et de la propriété immobilière.

Nous n’avons rien à perdre, si ce n’est notre prochaine augmentation de loyer.

La ville des riches

Nous nous opposons à la ville des riches. Dans la ville des riches, chaque appartement, chaque place, chaque parc, ainsi que la morale sont taillés à la mesure de ceux et celles qui peuvent payer le plus au prix. Mais la plupart des Berlinois.es – tout comme nous – ne sont pas riches. Bien au contraire : de tous les Bundesländer d’Allemagne, Berlin est celui qui se distingue par la plus grande croissance de pauvreté. Ceci est directement lié au « système de loyer » qui répartit l’argent de façon très efficace du bas vers le haut. Nous nous opposons aux efforts autoritaires en place menés au sein de l’économie et de la politique pour exploiter chaque centimètre carré disponible. Vouloir arrêter ce cauchemar n’a rien à voir avec le ressentiment de ceux et celles qui gagnent mieux leur vie. C’est juste que nous sommes dégoûté.es par le fait que notre participation à la société dépende de nos revenus et de notre origine sociale et culturelle. Les pauvres, les SDF, les réfugié.es, les personnes âgées n’ont pas de place dans la ville des riches.

C’est pour cela que nous nous battons pour…

… La ville d’en bas

Elle existe déjà dans beaucoup de têtes et fait ses premiers pas avec les assemblées de voisinage, les collectifs, les économies solidaires ou les cafés des voisin.es. C’est là que l’on réagit aux problèmes contre la logique capitaliste et qu’on se focalise sur les besoins des un.es et des autres. Nous sommes pour le droit de choisir soi-même son lieu de vie et d’en faire un lieu plaisant avec son voisinage. S’unir et résister signifie répondre activement de ses besoins et c’est l’alternative sociale à une ville trop chère dans laquelle nous devons enchaîner tellement d’heures de travail qu’un appartement ne nous sert plus qu’à dormir. Dans ce cas, il est inenvisageable de pouvoir se rapprocher de ses voisin.es et d’organiser son propre quartier. Devoir choisir entre déménager ou s’auto-exploiter jusqu’à tomber dans l’isolement social revient à choisir entre la peste et le choléra. Accepter les concepts solidaires de ville et lutter pour les mettre en place, revient au contraire à refuser d’assimiler la gentrification. Il faudra lutter pour mettre en place cette ville d’en bas, entre autres contre les lois, les propriétaires et les chefs.

C’est pour cela qu’on squatte !

Alors que nous ne trouvons plus d’espaces pour un vivre ensemble non-commerciel et qu’on nous propose un studio à 700€, des terrains et des immeubles sont laissés à l’abandon à des fins spéculatives. Les politiques pourraient exproprier les spéculateurs et spéculatrices. Mais pourquoi le feraient-ils alors qu’ils voient en l’expulsion des gens pauvres une amélioration de leurs statistiques sociales plutôt que les histoires tragiques qui se cachent derrière ? Remettre aux partis politiques qui ont justement déjà vendu cette ville l’instrument de l’expropriation n’est pas une option pour nous.

Pour toutes ces raisons, nous allons prendre notre destin en main. Au printemps, nous allons nous approprier les lieux dont nous avons besoin. Nous allons squatter des immeubles et nous octroyer quelques mètres carrés pour les arracher à la spéculation et à la logique de la propriété. En ceci, nous faisons un premier pas logique vers une ville d’en bas autonome et vers une population qui organise elle-même ses quartiers et ses espaces sociaux.

Tagués avec :

Expulsions de la zad : Ramène ta poire !

De nouvelles expulsions et
destructions de lieux de vie a la #*zad* sont annoncées dès ce jeudi
17 mai 2018. Cette courte vidéo est un appel à venir défendre la zad sur
le terrain et annonce les rendez-vous à venir.

Tagués avec : ,
Top