Trespass Journal

Rosier cherche épines

Depuis l’abandon du projet d’aéroport, une partie du mouvement a fait le choix d’une stratégie de négociation en vue d’une légalisation de l’occupation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Cette stratégie a été présentée comme devant créer un « manteau » ou un « dôme » protégeant – légalement – un foisonnement d’activités hors cadre vouées à rester vivantes sur la ZAD. Elle devait empêcher l’appropriation privée des terres et des communs par la création d’une structure collective qui devait être la seule à pouvoir signer un contrat avec l’État.

De compromission en coup de force, ce ne sont au final que des Conventions d’occupation précaire (COP) qui ont été signées, à titre individuel, portant sur des projets plus ou moins agricoles, et dont une grande partie s’intègre au marché. Précaires comme leur nom l’indique (6 mois, renouvelables ou pas), ces COP excluent toute forme d’occupation des terres autre que celle sur laquelle elles ont été déposées.

Ce choix, fait par certain-e-s, engage de fait les autres, puisque les COP couvrent la quasi-intégralité de la zone occupée. Il entraîne donc la normalisation de nos activités et de nos pratiques, les enfermant dans le cadre légal et les contraintes qu’il impose. Il vide de contenu politique notre présence ici. La norme s’imprime d’elle-même et parvient à se trouver des gardiens. Et des promoteurs.

Le collectif du Rosier, lieu occupé depuis plus de 10 ans, détruit pendant les expulsions de 2012, puis reconstruit et toujours occupé, maintient son refus de rentrer dans ladite « stratégie administrative », de se plier aux règles faites pour nous gouverner et de coopérer avec un État qui aménage nos vies pour les faire correspondre aux besoins du capital, qui assassine les pauvres des quartiers populaires le plus souvent issus des « anciennes » colonies, qui expulse les gent-e-s qui n’ont pas les bons papiers, mène une politique raciste, mortifère et armée aux frontières, etc. (la liste est longue). Dans un contexte où les voisin-e-s acceptent les conditions dictées par l’État et justifient par les normes juridiques et administratives l’invasion de nos espaces de vie et d’organisation, nous nous trouvons isolés et menacés.

Aujourd’hui, nous avons donc besoin de la présence active de toutes les personnes souhaitant ouvrir des brèches dans l’implacable normalisation en cours. Venez nous rencontrer, passer du temps et construire avec nous d’autres dynamiques. Venez faire vivre ce lieu pour qu’il demeure et se pérennise comme un espace hors normes, où on n’accepte pas de rejeter celleux qui n’entrent pas dans les bonnes cases, où on refuse d’enterrer ses rêves.

via ZAD Resist https://zadresist.antirep.net/article171-Rosier-cherche-epines

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Montreuil (93): ouverture de l’Écharde

Lundi 1er octobre 2018, alors que des artistes du Jardin d’Alice allaient sagement rendre les clefs du bâtiment, 19 rue Garibaldi à Montreuil, une trentaine de personnes sont venues perturber leur plan en occupant le lieu. Après 3 ans de gardiennage, cet endroit devait être rendu au géant de l’immobilier Nexity qui gère le bâtiment pour le compte de l’EPFIF (Établissement Public Foncier de la région Ile-de-France). Alors que l’État tente de vider de leur sens les luttes de mal-logé.e.s en faisant signer des conventions d’occupation précaire, des artistes aux zadistes, alors que les maires de gauche font miroiter des réquisitions pour grappiller quelques bulletins de vote, nous, comme d’autres, on squatte. Avec l’arrivée du métro à la Boissière, la rénovation du Bas-Montreuil et plus généralement le projet d’intégration de la ville au Grand Paris, les galérien.ne.s sont relégué.e.s en lointaine banlieue. En arrachant par nous-mêmes des espaces de vie, on n’entend pas pallier aux carences de l’Etat mais être offensif.ves à son encontre !
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Terres communes – Mobilisation – ZAD – 29/30 septembre 2018

samedi 1er septembre 2018

TERRES COMMUNES : MOBILISATION – ZAD – 29/30 SEPTEMBRE 2018 DÉFENDONS LE BOCAGE ET SES MONDES !

Comme pour chaque rassemblement, des personnes du collectif NDDL Paris-IDF oganisent des bus depuis Paris. Il suffit de se connecter ici.

N’hésitez pas à nous envoyer sur zad [at] riseup [dot] net les contacts pour remplir des bus à partir de chez vous !

Dans un monde qui s’emmure, l’existence de la zad a ouvert des imaginaires aussi éclatants que tangibles. Depuis l’opération César en 2012, elle a servi de point de référence et d’espoir à une foule de personnes qui jugeaient indispensable de construire ici et maintenant d’autres possibles. Après l’abandon de l’aéroport face à un mouvement aussi offensif que massif, le gouvernement a tout mis en œuvre pour se venger et mettre un point final à des années d’expérimentations collectives insolentes. Une série d’attaques militaires, administratives, politiques et judiciaires ont amputé une partie de la zad et fragilisé son assise, et ce malgré les formes de résistance qui se sont trouvées sur ces différents terrains. La signature, en juin, d’un lot de conventions sur les terres occupées a néanmoins marqué une forme de cessez-le-feu et le maintien d’un ensemble de lieux de vie et de projets.
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Les Radis-Co à la #ZAD #NDDL

Nous pourrions vous expliquer en détail notre point de vue sur ce qui s’est passé à la Zad ces derniers mois, cette dernière année, et même plus loin encore. Nous pourrions vous raconter nos déceptions, nos blessures, nos sentiments de trahison, et le fait que plein de nos compagnon.ne.s de luttes aient fini par partir, écœuré.e.s et meurtri.e.s.
Nous pourrions, mais ce serait faire couler encore plus d’encre pour des histoires qui en ont déjà beaucoup eues.
Ce que nous voulons vous dire, c’est qu’il reste une partie de la ZAD qui continue de porter les mêmes valeurs que lorsque nous avons rejoint cette lutte contre « le monde de l’aéroport », une partie qui préfère prendre le risque de tout perdre plutôt que piétiner ce en quoi elle croit. Nous sommes un peu sonné.e.s, mais nous tentons de faire vivre quelque chose qui nous ressemble, et pour le moment ça prend, entre autres, la forme d’une assemblée hebdomadaire.
Ce texte a pour objectif de vous dire que nous sommes encore là, mais c’est surtout une invitation à nous rejoindre, parce qu’on ne conçoit pas les choses sans vous…

Les Radis-co, c’est quoi ?

C’est un réseau affinitaire regroupant des occupants et occupantes de la ZAD de Notre dame des Landes qui veulent défendre par l’action directe les idées d’autonomie, d’entraide, de respect du vivant, et de lutte contre l’autorité et toutes les formes de dominations, contre l’économie et ses logiques d’exploitation.

1) Une assemblée ouverte tous les lundis à 13h12 à la Grée

Elle a pour objectif de se coordonner entre différents groupes et individu.e.s, échanger des informations, organiser des actions, dans un cadre de discussion horizontal – que nul.le n’y soit plus important.e ou légitime qu’un.e autre, et que chaque parole puisse s’exprimer, sans être niée, méprisée ou passée sous silence.
Nous resterons vigilant.e.es et n’hésiterons pas à réagir aux actes d’oppressions, de discrimination ou aux tentatives de prise de pouvoir et au besoin exclure de nos échanges celles et ceux qui s’en rendraient responsables de manière répétée.
N.B. : Nous nous sommes d’abord réuni.e.s pour nous organiser entre personnes ne se reconnaissant pas dans la « stratégie administrative ». Cela ne signifie pas que nous excluons par principe les personnes qui ont déposé des projets auprès de la préfecture, mais qu’il soit clair que cet espace n’est PAS consacré à ces stratégies (il en existe déjà d’autres pour cela)

2) Un lieu physique d’accueil et d’information à la Grée, avec des permanences fixes

(le lundi et le jeudi), des outils collectifs (ligne téléphonique, accès à @, moyens d’impressions, …), pour se rencontrer, recevoir et informer les personnes qui (re)viennent sur zone (revue de presse, infokiosque, cartographie, et ce qui peut vous sembler utile) et centraliser des propositions (par le biais d’une boite à idées, d’un carnet de contacts, …).

3) Des moyens de communication à distance

un site web https://zadresist.antirep.net, une ligne téléphonique (demandez par mail), adresse mail radis-co [at] riseup [dot] net, (et bientôt une page internet dédiée, une liste mail, …)

Ici, sur la Zad, on a d’abord l’intention de :

– S’organiser pour des (re)constructions/(ré)occupations de lieux détruits ou expulsés sur la Zad, et soutenir les copaines qui ont déjà commencé à agir en ce sens ;
– Préparer la défense et en cas d’échec la réoccupation des lieux qui ont choisi de ne pas se soumettre à l’impératif administratif imposé par l’état au travers de la préfecture ;
– Faire en sorte que les forces du désordre toujours présentes sur la Zad ne s’y sentent pas les bienvenues ;
– Favoriser l’auto-formation (politique, tactique, sécurité informatique, communication, …) ;
– Soutenir d’autres (espaces de) luttes.

Ce qui nous porte / sur quoi on aimerait avancer :

– Remise au centre de nos préoccupations du monde sensible, autres animaux, végétaux… humains
– Défendre la nature, dont nous faisons partie, pour ce qu’elle est, et non pour son « utilité »/sa marchandisation
– Prendre le temps d’être en connexion avec ce qui nous entoure. Se réapproprier ses rythmes de vie
– Favoriser des modes d’échanges non marchand, la gratuité/le partage, sortir des questions de rentabilité, de productivité, de méritocratie
– Favoriser les squats, les réquisitions de lieux vides, l’occupation des lieux de pouvoirs et des projets inutiles
– Remise en cause de l’appropriation des terres
– Renforcer et tisser des liens et des échanges à l’international avec d’autres luttes
– Partage/échanges de nos moyens et de nos savoirs
– Favoriser la reconversion (notamment agricole, mais pas que) vers des pratiques sans exploitation
– Créativité, humour et audace dans nos actions, ne pas se prendre (trop) au sérieux
– Imaginer d’autres moyens d’organisation pour prendre des décisions collectives que les réunions ou assemblées
– Pas de hiérarchie, pas de paternalisme, pas d’élitisme
– S’opposer aux pratiques autoritaires, notamment dans nos espaces de lutte et les visibiliser
– Pratiquer la « décroissance », lutte contre la logique de consommation et l’exploitation industrielle
– Aller vers l’autogestion, participer à construire et diffuser des pratiques autonomisantes
– Mettre en place et tenir des cadres qu’on décide de se donner ensemble
– Lutter contre l’apathie, le mépris et le conformisme ambiant
– Sortir de l’idée que choisir un mode de vie alternatif suffit. Visibiliser le système des privilèges.
– Lutter contre les oppressions et discriminations racistes, sexistes, homophobes, transphobes, spécistes, validistes, âgistes, classistes etc.
– Prôner l’anarchisme pour des bases sociales communes, considérantes, incluantes et égalitaires

Nous vous appelons à nous rejoindre :

– Physiquement, pour ceux et celles qui sont proches, ou de passage, en participant aux assemblées du lundi, en passant à l’accueil à la Grée ou à venir défendre une installation sans droits ni titre ;
– De chez vous, en nous aidant à créer ou recréer un réseau « affinitaire » plus large, en nous faisant partager vos luttes, vos idées, vos infos, vos interrogations… On s’adresse aussi à celles et ceux qui sont parti-e-s de la Zad, et avec qui on n’a pas envie de perdre le lien.

Contacts : radis-co [at] riseup [dot] net, site https://zadresist.antirep.net

Dès à présent gardons le contact, prenons contact, de prêt ou de loin.

Les radis-co

PDF joint : Radis-co.pdf

via ZADResist: https://zadresist.antirep.net/article154-Les-Radis-Co-a-la-ZAD-NDDL

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Programme de la semaine intergalactique

Programme de la semaine intergalactique

Ce programme est soumis à des changements et compléments d’ici fin août. N’oubliez pas de vous inscrire à l’avance en écrivant à : intergalaczad [at] riseup [dot] net

# toute la semaine : expo photo « territoires en bataille »
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[GR] Expulsion et démolition d’un gymnase occupé à Exarchia

Mardi dernier (le 17 juillet 2018), dans la matinée, un bulldozer a démoli un squat dans la quartier d’Exarchia, à Athènes (avec l’accord du propriétaire, bien entendu). Ce squat était le seul gymnase occupé de la ville. Personne n’a été arrêté. Les employés de chantier ont détruit le bâtiment pendant que la police anti-émeute était en alerte et bouclait le voisinage.

Le squat était occupé depuis décembre 2017, le gymnase était auparavant à l’abandon depuis une dizaine d’années… Les squatteur-euse-s y organisaient des cours d’arts martiaux (boxe, Muay Thai, taekwondo) mais aussi des ateliers de danse latine et de yoga. Le squat a aussi servi d’espace pour des débats politiques, notamment contre le système carcéral.

 

via squat.net : https://fr.squat.net/2018/07/23/athenes-grece-expulsion-et-demolition-d-un-gymnase-occupe/

 

 

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Qu’adviendra-t-il de nous

Giulia Tarquini

Et si j’adoptai la perspective de la femme d’un homme tué par la police? Une identité fictive pour décrire de l’intérieur, quoi qu’avec un regard externe, le camp d’Idomeni.

Qu’adviendra-t-il de nous?

Je suis seule. Mon mari est mort dans ces limbes infernales. Je ne peux pas y croire, après tout ce qu’on a vécu! Survivre aux bombes de la guerre, à cette mer en tempête puis trouver la mort ici! Renversé par une camionette. Absurde. Tellement absurde que je ressens le besoin de raconter notre destin, ce que j’ai vécu, ce que je vis.

Mon nom n’a pas d’importance. Je suis une histoire parmi tant d’autres qui se vivent a Idomeni. Mes journées s’enfuient entre le vent et la boue, odeurs de plastique brulé et cigarettes, rythmées par les interminables files d’attentes pour un repas, un vêtement, une tente, une visite médicale. Environ dix milles personnes partagent cette histoire avec moi, quarante pour cent sont des enfants, nous sommes pour la plupart syriens, mais il y a aussi des afghans, des irakiens, des pakistanais, et une poignées de marocains. Tous, nous avons vendu tout ce que nous possedions pour poursuivre le “rêve européen”, nous avons quittés nos proches, la guerre et les bombes pour nous retrouver ici. Bloqués depuis deux mois et demi, dans ces limbes infernales où la vie et la mort s’entremêlent constament.

Mon mari devait-il mourrait ici-même?! Je me le demande chaque jour, chaque nuit que je passe seule, dans cette tente froide qui semble prête a s’envoler à chaque bourrasque, inondée a la moindre pluie, étouffante au soleil.

La vie n’est plus une vie pour nous qui ne sommes plus que des pions, des numéros, une masse informe. Nous sommes des personnes! Chacune avec son histoire propre, originale dans son aspect tragique.

On m’a tout volé ici: mon mari, l’amour, la vie et mon argent, mon télephone, unique moyen de contact avec le monde extérieur du camp de Idomeni. Et je n’ai même pas de papiers. On me les a volés en Turquie, je ne veux pas y retourner, je veux aller en Allemagne, je veux poursuivre le rêve d’un avenir pour mes enfants!

C’est pour ça que je reste ici, le long de la frontière, attendant qu’on l’ouvre à nouveau; c’est pour mes enfants que je pense a me mettre en marche, de nuit, dans la forêt, à tenter de passer illegalement. Mais mes enfants sont petits, et je ne me sens pas d’entreprendre un périple aussi dangereux; je tremble en pensant à la police macédonienne, violente et menaçante, qui expulse ceux qui avaient réussi à passer, qu’ils n’aient marché que quelques heures ou bien plusieurs jours.

Qu’est-ce que je fais ici?! J’ai peur d’aller dans les camps militarisés qui sont en train d’ouvrir! Là bas je disparaitrais, engloutie sans que personne ne sache que j’existe, sans non plus l’echo médiatique. Ce serait comme cesser d’exister.

Je ne veux pas finir dans l’oubli comme ces familles ont disparu avec ce soi-disant docteur! Mes enfants n’iront pas grossir le marché noir des organes!

Je ne bouge pas d’ici! Mon mari ne le voudrait pas non plus!

Je pense à traverser illégalement en Albanie. Ils m’ont dit qu’il y a des gens que je peux payer (mais avec le peu qui me reste, comment pourrais-je les payer?!) pour traverser les montagnes et suivre des routes illégales vers l’est.. Ils ne peuvent pas me renvoyer en Syrie après les bombes! Tout est si nébuleux que je reste ici indécise. J’ai peur pour moi et mes enfants. Qu’adviendra-t-il de nous ?

J’ai besoin d’informations, je suis coupée du monde; je n’ai jamais vu personne du gouvernement grec; seulement la police. Ce sont eux qui on renversé mon mari, qui l’ont tué. Où est il maintenant, le policier qui conduisait en marche arrière dans l’allée principale du camp toujours pleine de monde? Où est l’état Grec? Où est l’Europe? Elle semble seulement capable de nous déporter dans des petits centres éparpillés, dans la montage, où iront disparaitre nos traces, où ces journalistes ne pourront pas entrer, où personne ne pourra plus entendre ma voix.

Tant de fois déjà j’ai tenté de suivre la procédure, de demander l’asile. J’ai fait “l’appel skype” mais personne ne répond jamais! En théorie nous ne pouvons le faire que depuis le camp, mais aucune autorité ou organisation formelle ne s’est occupé d’installer une connéxion wi-fi. C’est un groupe de militants indépendants qui a crée un emplacement internet et un point d’information a l’interieur du camp. Sans eux je n’aurais même pas pu essayer d’appeler. Nous avons une heure par semaine pour chaque nationalité pour prendre le rendez-vous et, ainsi, commencer les procédures pour faire la demande d’asile. Pour ceux qui réussissent, on leur accorde en général après un mois, un mois et demi…

Dans l’intervalle nous continuons à attendre ici, dans ces limbes infernales, privés d’autonomie, dépendants pour chaque chose.

Nous sommes des (non) personnes enfermées dans un (non) lieu de contrôle et d’isolement.

L’hivers est passé et l’été arrivera à Idomeni, avec la chaleur insupportable; les serpents sont déjà là et d’ici peu suivront les maladies et la soif.

Qu’adviendra-t-il de nous?

J’ai peur.

TRESPASS-3-Q-UADVIENDRA-T-IL-DE-NOUS
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Aux soutiens de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes: Nous sommes la lutte contre le monde de l’aéroport !

Ce petit texte propose une analyse de la résistance aux expulsions d’avril-mai 2018 à partir du rôle joué par les soutiens du mouvement d’occupation contre l’aéroport et son monde.

Je me suis engagée dans la lutte contre l’aéroport et son monde au moment des expulsions de l’hiver 2012. Je n’ai pas arrêté, depuis l’abandon du projet en janvier 2018, de faire l’aller-retour entre Paris et la ZAD pour soutenir mes camarades, mes ami-e-s, pour fêter la victoire, une victoire, et défendre l’autonomie d’une expérience qui a marqué l’histoire des luttes contemporaines. Souvent les copains et les copines me demandent : « Mais alors qu’est-ce que tu penses de tout ça ? » Bien sûr, ils me parlent des nombreuses tribunes publiées ces derniers mois pour dénoncer les comportements des un-e-s et des autres, la reproduction de rapports de pouvoir, affirmer des positions divergentes quant aux enjeux actuels de la lutte, etc. Je ne reviendrai pourtant pas ici sur les conflits qui se sont concentrés autour de l’ouverture de la RD281 et des fameuses « fi-fiches ». Je ne nie pas l’importance de ces débats mais je veux déplacer la réflexion vers un autre enjeu, celui de notre engagement, en tant que soutiens, sur la zone. Ce texte ne s’adresse donc pas aux occupant-e-s mais à tou-te-s celles et ceux qui ont un jour cru à cette lutte et qui l’ont porté, d’une manière ou d’une autre, jusqu’à l’abandon du projet d’aéroport.

Autant aller droit au but : les occupant-e-s de la ZAD de NDDL ne représentent pas l’avant-garde du mouvement révolutionnaire à laquelle il s’agirait d’attribuer tous les mérites ou tous les torts ! D’ailleurs, et dans la mesure où ielles visent l’autonomie, ielles ne représentent rien ni personne. C’est pourtant cette idée, au cœur de tant de discours et de jugements sur ce qui se passe actuellement, qui a selon moi participé à notre défaite lors de la bataille d’avril-mai 2018. Combien de camarades, pourtant engagé-e-s depuis des années aux côtés du mouvement d’occupation et des autres composantes de la lutte, j’ai entendu se justifier par un : « Non mais moi la ZAD… avec ce qui se passe entre les gens… » ou encore, pour celleux qui se positionnent plus précisément contre la signature des conventions d’occupation précaire : « Non mais moi je me bas pas pour la normalisation ! » ? Le problème que ces discours me posent, même si je comprends les critiques qu’ils soulèvent et que je les respecte, c’est qu’ils laissent aux occupant-e-s l’entière responsabilité de ce qu’a été, de ce qu’est et de ce que sera la ZAD de NDDL.

Pourtant, tout l’intérêt de cette expérience était d’ouvrir un espace dans lequel chacun-e pouvait concrétiser ses désirs, se donner la liberté d’imaginer autre chose, d’espérer d’autres choses. Et c’est dans ce territoire arraché à l’Ordre, qui a pris vie dans la convergence de nos combats et de nos fuites, qu’un ensemble de lieux solidaires a émergé. Solidaires dans le conflit qui nous oppose à l’État et au Capitalisme mais solidaires aussi et surtout dans l’anti-autoritarisme, c’est-à-dire dans la possibilité de ne pas être d’accord les un-e-s avec les autres et d’entrer en conflit les un-e-s avec les autres, et parfois (souvent même), de se retrouver autour d’une envie, d’une idée, d’un repas, d’une soirée sans pour autant céder à un nouveau conformisme… Bien sûr, « ce n’est pas parce que c’était un squat » qu’on pouvait tout se permettre et oublier que des gens vivaient ici, que des choses avaient été construites, que différentes formes de vie s’y étaient installées. Mais toujours le va-et-vient permanent des soutiens, des nouvelles et des ancien-ne-s occupant-e-s, empêchait que ces routines ne se sclérosent, que la zone ne se referme sur elle-même, que les conflits de positions ne se muent en postures et en déchirements. Sans cette rencontre, la ZAD de NDDL n’aurait jamais été ce que nous regrettons tou-te-s aujourd’hui, ce que nous n’avons pas su préserver, nous occupant-e-s ET soutiens, ce que nous pouvons aussi, maintenant, réinventer.

Je ne veux culpabiliser personne (aucune lutte intéressante ne s’est jamais bâtie sur ce genre de sentiments) et pourtant, il faut bien faire ce constat douloureux : nous n’étions pas assez nombreuses pour résister aux expulsions, pour imposer un véritable rapport de force. Celleux qui sont resté-e-s, celleux qui sont venu-e-s et ont combattu sous toutes les formes qui nous sont nécessaires (en manifestation, sur les barricades ou à l’arrière, en assurant le ravitaillement, les soins et la communication, etc.) ont fait preuve d’une détermination et d’un sérieux qui forcent le respect. Mais nous n’étions pas 50 000…

Je ne crois pas qu’on aurait pu empêcher toute forme d’institutionnalisation, d’une part, parce qu’il ne suffit pas de le vouloir pour tenir un territoire, d’autre part, parce que certaines activités, certains modes de vie, et pour tou-te-s simplement la routine (la normalisation n’est pas toujours là où on la cherche), nous y préparaient déjà. L’enjeu était donc surtout, à mon avis, de soutenir un rapport de force qui aurait pu nous permettre d’imposer un certain nombre d’exigences : la gestion collective des terres, la protection des habitats mobiles et légers, l’amnistie de nos camarades amendé-e-s, interdit-e-s de territoire, incarcéré-e-s, etc. Mais on ne négocie pas en position de faiblesse et nous n’étions pas 50 000…

Je ne crois pas que l’abandon de l’aéroport suffise à expliquer cette démobilisation. Après tout, celleux qui luttaient contre ce Grand Projet Inutile et Imposé se battaient aussi dans l’espoir de créer d’autres mondes. Au-delà de la réaction, de la volonté de défendre le bocage contre la prédation capitaliste, c’est le désir de quelque chose de mieux, de plus juste, de plus beau qui donnait sens à leur combat. Il serait sûrement très compliqué de traquer l’ensemble des facteurs qui ont contribué à la démobilisation des soutiens du mouvement d’occupation. Des embrouilles au sein des comités locaux et des orgas qui formaient les autres composantes de la lutte, à l’envie, pour beaucoup, de se concentrer sur le mouvement qui s’est développé autour des cheminots et des facs, une chose est sûre, les conflits qui ont opposés les occupant-e-s ne permettent pas non plus de comprendre pourquoi une lutte qui avait suscité tant d’espoirs et cristallisé tellement d’envies n’a pas pu, en 2018, mobiliser les 50 000 personnes qui avaient permis la réoccupation de la zone le 17 novembre 2012 et sa défense jusqu’au départ des forces de l’Ordre en avril 2013.

La démesure du dispositif policier et militaire déployé ne justifie rien parce qu’il est le résultat et non la cause de cette démobilisation ! Dans la situation politique actuelle (et malgré tout ce qui existe déjà et tout ce qui est en train de changer), 2500 gendarmes, même avec des blindés, ça ne fait pas grand-chose contre un bocage remplit par plusieurs dizaines de milliers de personnes déterminées. Le déchaînement de violence que le gouvernement nous a opposé n’avait de sens que face à une résistance démographiquement faible. Stratégie du choc, comme un camarade l’a alors évoqué, Blietzkrieg, guerre éclair, qui n’est efficace que parce qu’elle est rapide, ce qui voulait dire, dans cette situation spécifique, qui ne fonctionne que si peu de gens se mobilisent sur une courte durée. Et nous, comme eux, savions déjà, depuis l’abandon du projet d’aéroport et l’annonce des expulsions qui a suivit, que nous ne pouvions compter que sur un petit nombre de soutiens. Les dix jours d’ateliers et de débats organisés au moment où la zone devenait expulsable (ce que les occupant-e-s avaient appelé « Avril Fertile ») n’ont mobilisé qu’une trentaine de personnes. Alors, déjà nous savions. Nous savions que quelqu’un-e-s viendraient tenir les barricades mais nous savions aussi que nous n’aurions pas le compte.

Je pourrai revenir sur tout ce qui a déjà été dénoncé : sur les discours et les comportements qui, de toutes parts, ont alimenté les divisions, mais ce n’est pas cela qui, selon moi, nous a coûté la bataille d’avril-mai 2018. Ce qui nous a manqué c’est une prise. Le sentiment de nécessité qui naît de la possibilité de s’approprier une lutte, un lieu, celui qui te fout la rage quand tu le sais menacé, qui te tord les viscères jusqu’à ce que tu lui cèdes. Ce besoin irrépressible d’être là qui a conduit tant de gens à venir sur la zone et à y rester, quitte à tout quitter. C’est cette attraction formidable que le mouvement d’occupation et ses soutiens avaient suscités qui nous a alors manqué. Nous ne pourrons probablement pas la faire renaître, les pertes sont trop grandes, mais nous pouvons en créer une autre. Car une bataille, aussi importante soit-elle, ne résume jamais la guerre. Et c’est bien cet espoir qui doit aujourd’hui s’imposer : nous devons nous remobiliser, non pas pour conserver ce qui a déjà disparu, mais pour créer quelque chose d’autre et maintenir la zone dans l’archipel sur lequel l’autonomie construit ses bases matérielles !

Ce qu’il nous faut donc aujourd’hui c’est une prise. Il faut que les occupant-e-s nous donnent cette prise, qu’ielles nous laissent la possibilité de nous investir, de proposer de nouvelles idées et de créer de nouvelles choses, qu’ielles l’intègrent dans la construction même de cette autre ZAD à venir. Mais cette prise, c’est surtout à nous qui soutenons le mouvement d’occupation de la prendre en participant à des activités qui existent déjà et en en proposant de nouvelles, en accentuant les liens entre la zone et nos autres luttes notamment autour de l’Ambazada et du réseau de ravitaillement La Cagette des Terres, en organisant des ateliers, des débats, des concerts, etc., sur la zone et en dehors, bientôt, en réoccupant, d’une manière ou d’une autre (je ne crois pas qu’on ait encore réfléchit à toutes les possibilités légales et illégales, matérielles et symboliques qu’on pourrait imaginer), etc. Parce que la victoire contre l’aéroport est NOTRE victoire, parce que la défaite de la zone d’autonomie définitive est NOTRE défaite, parce que NOUS sommes la lutte contre le monde de l’aéroport, à nous de prendre en main l’avenir de la ZAD de NDDL !!!

Rendez-vous sur la zone du 7 au 15 juillet pour la semaine d’ateliers, de construction et de débats ZADenvies et du 27 août au 2 septembre pour la semaine Intergalactique de convergence internationale des luttes pour les communs (https://zad.nadir.org/spip.php?article5975)!

TRESPASS-THREE_31-35

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Communiqué contre l’expulsion de XXL

Des personnes du collectif Soutien Asile 21 réagissent à l’expulsion du squat XXL, où vivaient une centaine d’exilé·es.

Ce matin, à 6h, les forces de l’ordre (compagnies de CRS, policiers nationaux de Dijon et agents de la Police Aux Frontières de Chenôve) ont expulsé le squat « XXL », situé rue des Ateliers à Dijon.

Ce bâtiment avait été occupé par une centaine de demandeurs d’asile en août 2016, à la suite de l’expulsion du squat « Pôle Emploi » situé boulevard de Chicago.

Cette expulsion est d’autant plus scandaleuse que des négociations entre des soutiens associatifs et les propriétaires sont en cours depuis mai 2018 en vue du rachat du bâtiment. Ces négociations était connues par les services de l’Etat.

En effet, des propositions de dialogue par le Collectif SoutienAsile21 ont été faites auprès de ces services lors d’une audience le 30 mai à la Prefecture et réitérées par mail (nous tenons cet échange de mail à disposition).

Aujourd’hui, 24 personnes ont été arrêtées et emmenées au Comissariat Central de Dijon puis 15 dans les locaux de la Police Aux Frontières à Chenôve. Non contente d’expulser leur lieu de vie, la Prefecture a aussi décidé de traquer les personnes expulsées : une politique d’acharnement que nous dénonçons fermement.

Une nouvelle fois, l’État et le gouvernement, en procédant à l’expulsion de ce lieu de vie, contraignent les demandeurs d’asile à la plus grande précarité (confiscation temporaire de leurs affaires, tri et sélection pour les offres de relogement, atomisation des formes d’auto-organisation du quotidien, risque de se retrouver sans-abri, mise en danger de personnes mineures…).

Cette occupation s’inscrivait dans un mouvement dijonnais de soutien aux migrants, qui œuvre, depuis l’ouverture du premier lieu occupé en novembre 2011, à offrir des habitats temporaires dans des bâtiments laissés vides et à l’abandon.

Ces gestes de solidarité à l’adresse des migrants répondent à l’insuffisance des dispositifs d’hébergements institutionnels et à l’urgence de situations souvent dramatiques, vécues par les personnes en exil qui traversent nos territoires.

Les ouvertures de lieux d’habitations provisoires prennent place dans un réseau départemental de soutien plus large, regroupant des nombreuses associations qui aident les demandeurs d’asile depuis leur arrivée en Côte-d’Or, notamment regroupées au travers du collectif  » SoutienAsile21″.

Face au durcissement de la politique nationale migratoire qui se traduit en Côte-d’Or par des refus quasi systématiques de régularisation, face à la stigmatisation régulière et croissante des migrants, nous réaffirmons notre entière solidarité avec tous les migrants et notre volonté gardée intacte de soutien et d’accueil.

Les personnes expulsées ce matin sont hébergées temporairement à l’Espace Autogéré des Tanneries et au Quartier Libre des Lentillères. D’autres bâtiments vides seront réquisitionnés pour y installer ces
personnes avec lesquelles nous avons noué des liens et qui habitent nos territoires.


Des soutiens et personnes solidaires et associations
formant partie du collectif SoutienAsile21 :

  • > Paul Garrigues pour la Ligue des Droits de l’Homme 21
  • > Anouk Coqblin pour SOS Refoulement
  • > L’Espace Autogéré des Tanneries
  • > Précaires Solidaires 21
  • > Quartier Libre des Lentillères
  • > Solidaires Étudiants 21

À lire aussi : 7000 logements vides à Dijon, près de 150 000 en Bourgogne Franche-Comté !

BURE : appel à rassemblement partout le 27 juin 2018

Nous ne laisserons pas Bure devenir la nouvelle affaire Tarnac !

Appel à rassemblement partout en France mercredi 27 juin à partir de 19h !

Alors qu’une nouvelle vague de répression sans précédent touche le mouvement de lutte contre le projet Cigéo et que nous voyons se construire de toute pièce sous nos yeux une nouvelle affaire Tarnac, nous faisons appel à vous pour :
– relayer l’appel à rassemblement partout en France mercredi 27 juin à partir de 19h – plus d’informations prochainement
– signer le communiqué commun que nos associations ont diffusé ce jour

Merci de nous faire connaître d’ici le lundi 25 juin à 14h les démarches de soutien que vous comptez mettre en place et de nous communiquer votre accord pour signer le communiqué commun à l’adresse suivante : soutiensbure [at] riseup [dot] net [merci de préciser le nom de l’orga, collectif, comités etc dans l’objet du mail pour un traitement plus rapide)

Le point en bref sur la situation
Lire la suite ›

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